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Restauration de la continuité écologique dans l’Azergues au seuil de Lozanne


Les poissons peuvent passer !

Le seuil dit du moulin de Lozanne (n° ROE29521) est établi sur le cours de l’Azergues, entre les communes de Belmont et de Châtillon d’Azergues. L’ouvrage permet de dériver une fraction du débit de la rivière dans un bief situé en rive gauche qui arrose successivement, au long d’un parcours de 12,8 km, les villages de Lozanne, Chazay, Morancé et Lucenay, avant de retourner dans l’Azergues à Anse.



Ce seuil, d’une hauteur de chute de 2,10 m, constitue un obstacle infranchissable pour les poissons. Or, sa situation est stratégique car localisé à la charnière de 2 contextes piscicoles (zone à ombre de la moyenne Azergues et zone à barbeau de la basse Azergues). Cet obstacle empêche en effet les espèces présentes en aval de coloniser des linéaires de rivière leur étant favorables en amont (cas par exemple du barbeau fluviatile, du hotu ou encore du spirlin). Le SMBVA, propriétaire de l’ouvrage, était tenu réglementairement à restaurer le transport suffisant des sédiments et la libre circulation des poissons migrateurs. Ces mesures étaient imposées, puisque ce tronçon de l’Azergues (entre le Soanan et la Saône) est classé en Liste 2 au titre de l’article L214-17 du code de l’environnement.

Faune, Flore et Milieux

Spirlin capturé lors de la pêche de sauvegarde avant travaux en aval du seuil. (©SMBVA)


La suppression du seuil n’a pas été jugée possible pour des raisons de conservation des usages attachés à la prise d’eau ainsi que de stabilisation du profil en long, en lien avec les enjeux riverains (route départementale n°385, plans d’eau, voie ferrée et cimenterie). Pour restaurer la continuité écologique, le choix a donc été fait de contourner l’obstacle par l’implantation en rive droite d’une rampe de 70 mètres de long à enrochements régulièrement répartis. Celle-ci se décompose en trois segments de 23 m chacun, à 4% de pente, entrecoupées de deux zones de repos.


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L'entreprise Perrier a réalisé les travaux (©SMBVA)


Les travaux se sont déroulés de septembre à novembre 2021. Ce nouvel ouvrage assure désormais la montaison de tous les poissons présents dans l’Azergues en aval, soit une douzaine d’espèces, dont la truite et le barbeau fluviatile. L’ouvrage est aussi dimensionné pour permettre le passage de plus petites espèces à faibles capacités de nage, telles que le chabot et la loche franche. La restauration de la continuité piscicole au droit de ce seuil a rendu accessible 9,3 km de cours d’eau en amont. L’ouvrage fait également office de dispositif de restitution à la rivière du débit réservé, obligation réglementaire qui n’était jusqu’à présent pas respectée car la prise d’eau d’alimentation du bief captait une bonne partie du débit d’étiage. Le coût total de cette opération est de 390 000 €TTC. Ce projet a bénéficié du soutien financier de l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse à hauteur de 151 230 €.


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Vue d’ensemble du seuil et de l’ouvrage de contournement en eau (© SMBVA)



Ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large comprenant l’aménagement d’autres ouvrages : le barrage des eaux du SIEVA à Chazay (dérasé en 2017), le seuil MAT au Breuil qui va être équipé à l’été 2022 et le barrage de Morancé qui est en cours d’étude en vue de son aménagement en 2023. L’ensemble de ces travaux présente un caractère d’intérêt général et entre de ce fait totalement dans le cadre de l’article L 211-7 du Code de l’Environnement qui permet à un maître d’ouvrage public d’entreprendre l’étude, l’exécution et l’exploitation de tous travaux, ouvrages et installations visant, entre autres, la restauration morpho-écologique des cours d’eau.



L’Agence de l’eau est un établissement public de l’Etat qui œuvre pour la protection de l’eau et des milieux. Elle perçoit des taxes sur l’eau payées par tous les usagers et les réinvestit auprès des maîtres d’ouvrages (collectivités, industriels, agriculteurs et associations) selon les priorités inscrites dans son programme « Sauvons l’eau 2019-2024 ».
L’Agence de l’eau s’engage pour la reconquête de la biodiversité en soutenant la restauration du bon fonctionnement des écosystèmes. 22% des poissons d’eau douce sont menacés en France ! Redonner un fonctionnement naturel aux cours d’eau, décloisonner les seuils en rivière et rétablir les corridors écologiques, c’est permettre aux espèces animales et végétales de se développer et favoriser leur capacité de résilience.

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